La partie finistérienne du canal se réalisa en plusieurs phases successives ou concomitantes.

La pose de la première pierre de l’écluse de Port Launay, le 7 Septembre 1811, permis au sous préfet de Châteaulin de témoigner tout son enthousiasme « Cette cérémonie laissera longtemps dans les cœurs des impressions d’autant plus douces que son objet promet au commerce et à l’industrie de cette contrée les avantages les plus précieux et qu’il est un nouveau monument à la gloire du grand Napoléon. ». Arrêtés en 1814, repris doucement en 1818, les travaux permettront l’ouverture de l’écluse de Port Launay en 1826.

La création de la compagnie des canaux de Bretagne et le lancement des emprunts qui en découlait, permis, de 1822 à 1828, la réalisation d’un second tronçon de 36 kilomètres entre Châteaulin et Pont Pol. Le 7 Mai 1829, l’autorisation fut donnée pour les 28 biefs de la rivière Aulne, jusqu’à Pont Triffen.

Les travaux de canalisation de l’Hyères (Pont Triffen – Port de Carhaix) et du Kergoat (partie artificielle de Port de Carhaix à Goariva) se déroulèrent de 1824 à 1834. La partie finistérienne s’étalait alors sur 81 km.

En 1836, le canal fut ouvert de Nantes à Brest, sur 360 kilomètres de long, 238 écluses rachetant une dénivellation totale de 555 mètres, empruntant successivement les cours de l’Erdre, de l’Isaac, de l’Oust (Redon-Rohan), du Blavet (Pontivy-Gouarec), de l’Hyères (Port de Carhaix-Pont Triffen) et de l’Aulne (Pont Triffen à la rade de Brest).

De 1845 à 1858, les travaux se poursuivirent entre Châteaulin et Port Launay afin de réaliser un bassin à flot susceptible d’accueillir les unités de haute mer. L’écluse maritime de Guilly Glaz fut inaugurée en 1858 par l’Empereur Napoléon III et l’Impératrice Eugénie.

Le canal ne desservit véritablement Brest « militaire » que jusqu’en 1866. Par contre, le trafic commercial fut d’une importance capitale pour le centre Bretagne, région défavorisée au XIXème siècle.
Le trafic commercial tourna autour des minerais, houille, fonte et produits de hauts fourneaux du centre Bretagne et des bois, ardoises et produits agricoles du bassin de l’Aulne que croisaient les engrais et amélioration des terres. De 10 000 tonnes en 1859, le trafic passa à 174 000 tonnes en 1911.

La première guerre mondiale, la réquisition des péniches, la mise en service du chemin de fer (Carhaix - Châteaulin - Camaret en 1911) marquèrent un net coup de frein au commerce sur le canal.

Le coup de grâce intervint avec la construction du barrage hydroélectrique de Guerlédan sur le Blavet, en 1923. Nantes était désormais coupé de Brest.

Le trafic déclina rapidement. Le dernier chaland à franchir l’écluse de Châteauneuf du Faou se présentera en 1942.

Rayé de la nomenclature des voies navigables en 1957, la voie d’eau dépérit peu à peu avec le désengagement progressif de l’Etat. Concédé au département du Finistère en 1966, le canal est désormais maintenu en état et aménagé par le SMATAH (Syndicat Mixte d’Aménagement Touristique de l’Aulne et de l’Hyères).

Réservoir d’eau pour le Centre et Sud Finistère, ouvert au tourisme maritime comme fluvial, parcours de pêche et de randonnées vélos, équestres ou pédestres, le splendide patrimoine environnemental et architectural que constitue notre canal vous attend au gré de ses aires de repos ou de pique-nique.

(Pour de plus amples informations vous pouvez visiter le site du Comité des Canaux Bretons www.canaux-bretons.net)